Ecriture & Cie

Vincent Dubi

Un dernier rêve

Ça y est! Après de longs mois de travail acharné et des quantités industriels de madeleines dévorées, voici enfin ma novela que j’ai commencé il y a déjà deux ans. Le plus dur aura été de garder patience lors de la création de l’epub et pour parvenir à obtenir un résultat propre (les joies de l’informatique…).

L’histoire raconte le parcours de l’inspectrice Aurélie Moreau au sein de Morpheus, réseau informatique, tout autant que monde virtuel, constitué de l’agglomérat des rêves de tout un chacun. Elle qui a perdu son mari peu de tant avant devra se confronter à son inconscient au sein de son enquête visant à déterminer si des cas de morts suspectes sont le fait de Morpheus.

J’ai essayé de faire un récit très centré sur la psychologie d’Aurélie, de la façon de traiter la perte d’une personne aimée et surtout de la surmonter par soi-même, car au final même quand on est épaulé cela reste une épreuve personnelle.

Il y a environ 116 pages, donc comptez environ 2h de lecture.

Vous trouverez cette novela sur plusieurs plateformes:

Amazon

Kobo

Google Play

J’ai laissé tombé la vente sur Ibooks, c’est honteux de fournir une plateforme pareil, sans mac c’est une misère.

Attention: Au 26/06/21 j’ai décidé de mettre à disposition gratuitement cette novela, ceci jusqu’à nouvel ordre, vous pouvez donc tout simplement la télécharger ci-dessous.

Vincent Dubi – Un dernier rêve (pdf, 700Ko)

Vincent Dubi – Un dernier rêve (epub zippé, 190Ko)

Pour celles et ceux qui seraient intéressé(e)s pour chroniquer cette novela, je suis disponible sur Twitter, par mon formulaire de contact ainsi que sur SimPlement.

Un grand merci d’avance aux personnes qui franchiront le pas du téléchargement, je souhaite de tout cœur que mon travail vous plaira, saura vous émouvoir et vous transmettre ce que j’avais en tête. N’hésitez pas à déposer vos critiques en commentaires sur ce site ou sur les différentes plateformes dédiées à cet exercice.

Bonne lecture!

Je sens mon corps se relâcher et divaguer, m’emmener dans des méandres inconnus de mon esprit. Une singulière détente s’empare de moi, comme je n’en ai pas connu depuis des lustres. Une clarté diffuse s’insinue dans les bords de ma vision, écrème les ténèbres et s’installe progressivement pour dominer, s’imposer. La lumière éclate le flou général, transforme les spasmes visuels en arêtes suggérées plus que dessinées. Des contours et des couleurs apparaissent, un cadre de lit en bois, des décorations d’enfant, une chambre simple mais agréable. Un étrange effet de scintillement et de décalage permanent émane de tout, la vue ne parvient pas à fixer un élément sans le perdre, bien qu’ayant connaissance de ces détails et de sa parfaite matérialité. J’ai l’impression de deviner des souvenirs d’objets, non l’immédiat et le factuel de la réalité. Une odeur sucrée de pâtisserie tout juste sortie du four se diffuse en aromes subtils autour de moi, s’accroche à mes sens. Le docteur apparait à mes côtés sans que je sache s’il vient de le faire ou si mon esprit a toujours tenu sa présence comme acquise. Il sourit et me laisse quelques instants pour retrouver mes repères.

Une sensation chaude de bienêtre emplit l’espace, devient palpable, saisissable dans sa plénitude. Elle modifie les objets, ou plutôt notre perception d’eux, leur donne un aspect patiné aux teintes soudain plus attirantes ; les dimensions même paraissent s’adapter à l’émotion du lieu et du moment. Je me tourne vers le docteur, étonnée et ravie à la fois. Des ébauches de larmes manquent de perler sur mes joues.

— Ce que vous observez actuellement n’est pas construit en fonction de votre psyché, mais de la mienne. Je préfère aborder une première plongée en binôme dans Morpheus de cette façon, sinon je me ferai l’impression d’être un voyeur en découvrant quels rêves vous guideraient ici.

— Où sommes-nous ?

— C’est un chalet où mes parents et moi venions dans mon enfance. Comme vous pouvez le ressentir, c’est un endroit qui m’est cher. Vous voyez le souvenir que j’en ai, idéalisé et d’une certaine façon embaumé par mes émotions d’alors.

Je m’approche d’une fenêtre donnant sur un pré parsemé de fiers coquelicots aux rouges somptueux, le soleil rasant d’un soir d’été s’éternise et rehausse le lieu de perfection. Une balançoire, animée par une douce brise passagère, émet de légers grincements par ces chaines métalliques. Je reste paralysée devant ce spectacle, mon corps et mon âme se mettent au diapason pour me libérer – trop bref instant – de mon joug émotionnel. Je me rappelle les bons côtés de la vie et pense à ce que j’ai perdu.

— Venez, ce n’est pas fini.

Je sursaute, ayant pendant un court laps de temps oublié la présence du docteur, oblitéré la raison de notre plongée. Il m’observe avec compassion, doit lire entre les lignes.

— C’est…

Les mots me manquent, égarés au milieu de tant de sensations.

— La première connexion est une expérience sans précédent, nous met à nu face à la construction de ce que nous prenons pour des souvenirs, mais sont des rêves. Leur force est incroyable. Là où les souvenirs émergent de notre intellect et effleurent nos sentiments, les rêves puisent au plus profond de nos cœurs pour en extraire ce que nous sommes réellement. Mes parents m’ont quitté il y a de nombreuses années, pourtant j’ai pleuré tel un enfant en arrivant ici la première fois, malgré le fait que je pensais avoir fait mon deuil et être devenu fort vis-à-vis de ces souvenirs. Les songes sont plus transcendants, sauvages, intenses. C’est pour cela que nous contrôlons les divergences et amenons les rêveurs dans un système rendu le plus stable possible. Cela peut paraitre évident en le disant ou en l’écoutant, mais nos expériences ont montré que les bons rêves établissent plus facilement un univers onirique fonctionnel. Les cauchemars tendent vers le chaos si on leur octroie trop d’importance. Ils deviennent omniprésents là où à contrario les rêves bénéfiques s’intègrent, nous conseillent, permettent de nous sentir plus sereins, en phase avec nous même. Les cauchemars sont malgré tout des constituants de Morpheus, mais de manière légèrement atténuée, de sorte à ne pas trop interférer avec le reste. Imaginez ce que donnerait ce monde si vous n’aviez connu que des horreurs dans votre vie ?

— Ça deviendrait un enfer.

— Exactement. C’est pourquoi nous voulons fournir à nos clients et patients une expérience épanouissante et non une horreur de plus à affronter. Comme je vous disais, nous laissons néanmoins les cauchemars exister, car ils ont leur utilité dans le cadre de l’apprentissage, surtout des enfants. Leur psyché immature est faite pour exprimer leurs peurs et angoisses, puis les dépasser. Le système permet de les encourager à comprendre cela, de franchir cette barrière qui peut devenir clivante à certains âges de grands changements. De même, nous pouvons déceler d’éventuels abus ou maltraitance, aussi bien chez les enfants que chez les adultes. Cela rejoint donc votre champ d’activité, inspectrice Moreau.

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