Ecriture & Cie

Vincent Dubi

Découvrez le girevoy!

Des kettlebells

Pratique sportive encore méconnue en France, le girevoy se développe en dehors de ces contrées originelles depuis maintenant plusieurs années. Initialement issue des pays de l’Est — principalement de Russie, Ukraine et Biélorussie — le girevoy s’est répandu par les voyages de certains champions dans d’autres pays et de leur volonté à créer des structures d’apprentissage. Par la suite, le succès du CrossFit a permis de démocratiser la kettlebell et de tirer par la même occasion son sport d’application privilégié. Peu à peu de nouveaux pays s’ouvrent au girevoy et nouent des liens internationaux afin de le développer.

Faisons ensemble le tour d’horizon de ce sport aux multiples bienfaits et attraits.

Lexique rapide

Girevoy ou girevoï : nom du sport

Girevik/Girevika : pratiquant/pratiquante de girevoy

Kettlebell (ou gyria en russe) : haltère utilisé pour pratiquer ce sport

Description

Le girevoy est un sport proche de l’haltérophilie que nous connaissons à quelques différences majeures près :

L’utilisation d’une kettlebell dont les masses utilisées en compétition sont fixes, contrairement à l’haltérophilie où est utilisée une barre garnie de disques dont on augmente le nombre et/ou la masse au fur et à mesure de la compétition.

L’haltérophile cherche une augmentation des masses soulevées jusqu’à atteindre son maximum alors que le girevik cherche à effectuer le maximum de répétitions données en un temps donné et à masse fixe.

Le girevoy est un sport d’endurance de force (une force non maximale, mais répétée durant une certaine durée), mais basé sur l’explosivité des mouvements, alors que l’haltérophilie est un sport d’explosivité pure (une force maximale ou quasi maximale développée en un temps le plus court possible).

Même si les mouvements sont sur un principe identique (développé-jeté et arraché) le point de départ diffère, le girevoy étant un sport balistique, contrairement à l’haltérophilie. Nous reviendrons plus en détail là-dessus juste après.

Mais arrêtons là cette comparaison et penchons-nous plus en détail sur la technique.

Les mouvements

Le girevoy reconnait trois mouvements principaux en compétition :

L’arraché (Snatch en anglais)

Le jeté (Jerk en anglais)

Le développé-jeté (clean and jerk en anglais mais appelé long-cycle en girevoy)

Dans les deux cas, le but est d’amener la kettlebell d’une position basse à une position maintenue et verrouillée au-dessus de la tête. Nous retrouvons donc le même principe qu’en haltérophilie à la différence qu’en girevoy l’élan initial est généré pour lancer le mouvement, mais par la suite il est entretenu en une boucle continue qui ne s’arrête qu’une fois la durée de l’épreuve atteinte ou que le girevik est à bout de force. D’autres mouvements existent, mais ces deux-là sont ceux utilisés pour les épreuves majeures et les plus anciennes. À la faveur de l’expansion de cette pratique, de nouvelles épreuves voient le jour, voyons cela plus en détail.

Les épreuves

(Pour le reste de l’article j’utiliserai les noms de mouvement en anglais car étant les plus utilisés en girevoy.)

Les épreuves suivantes existent actuellement (seules sont cités les plus répandues) :

  • Le biathlon, l’épreuve reine et la plus ancienne. Elle consiste en une épreuve de snatch de 10 minutes suivie, après un temps de récupération, d’une épreuve de jerks de 10 minutes aussi. Elle se réalise avec deux kettlebells pour la deuxième partie, le snatch étant toujours effectué avec une seule kettlebell. Pour le snatch une seule alternance de bras est autorisée.
  • Le long cycle, consistant en une seule épreuve de 10 minutes avec deux kettlebells.
  • Les épreuves marathon et marathon extrême, plus récentes, se basent sur les mêmes mouvements que le biathlon, mais les durées augmentent pour s’effectuer sur 30 minutes à 1 heure pour les marathons et de 2 à 24 heures pour les marathons extrêmes. Dans le cas des jerks et long cycle il n’y a plus qu’une seule kettebell. Dans ces épreuves les gireviks alternent de bras à leur convenance.
  • Le pentathlon est une succession d’épreuves de 6 minutes avec 5 min de repos entre chaque. Chaque épreuve se fait avec un mouvement différent. Un nombre maxi de répétitions est autorisé pour chaque mouvement et un nombre de points total est calculé en fonction du nombre de répétitions effectuées et de la masse de la kettlebell choisie. C’est donc au girevik de faire les bons choix pour atteindre le total le plus élevé. Les changements de bras sont autorisés sans contraintes.

Concernant les masses des kettlebells en compétition, cela varie suivant le niveau, le type d’épreuve, les catégories de poids et d’âge des participants. Pour le biathlon et les compétiteurs de haut-niveau les kettlebells sont de 24Kg pour les femmes et de 32Kg pour les hommes. Les débutants sont la plupart du temps à 16Kg, voir 12Kg. Quel que soit les épreuves il est interdit de poser les kettlebells à terre pour se reposer, si l’on pose les kettlebells l’épreuve s’arrête.

Vous noterez que par rapport à ce qui se fait dans des sports de forces, les kettlebells sont relativement légères. Mais gardez bien en tête que l’on parle d’efforts de plusieurs minutes en ne posant jamais les haltères.

Bienfaits et attraits

Nous avons les détails sur les mouvements et les compétitions, mais qu’apporte concrètement cette pratique ? Plusieurs choses :

  • Un travail général du corps, les mouvements balistiques ont pour spécificité de faire appel au corps de son ensemble. Le girevoy stimule toutes les parties du corps, de façon variée suivant les mouvements réalisés.
  • Un travail cardiovasculaire de très bonne qualité. Le girevoy est un sport intense qui requiert et développe une excellente endurance.
  • Un travail musculaire tout aussi de qualité. Tout y passe, les capacités d’explosivité pour générer les mouvements, le travail isostatique dans les positions intermédiaires ainsi qu’un gainage général pour résister à la tension qui s’installe très rapidement et ne fait qu’augmenter à mesure que le temps avance.
  • Un travail mental très développé, le girevoy est une discipline particulièrement exigeante à ce point de vue, imaginez réaliser un semi-marathon de course à pied en cumulant la crispation et la fatigue musculaire due à une grosse séance d’escalade et vous comprendrez que l’esprit doit permettre de supporter cette difficulté mentale, qui est constante tout aux long des épreuves.

Inconvénient

Il n’existe que deux inconvénients mineurs en girevoy, mais il est important de vous en informer.

  • Premièrement, il faut absolument apprendre avec des entraineurs qualifiés, reconnus et ayant réellement pratiqué le girevoy. Les mouvements sont extrêmement techniques et requiert d’être corrigés tout au long d’un processus d’apprentissage, ne croyez pas être en mesure d’apprendre seul avec des vidéos, ce sera toujours une énorme erreur. Si vous apprenez mal, vous réaliserez mal et courez droit à de sérieuses blessures ou à minima de très vite stagner, car votre base ne sera pas saine. Le girevoy est complexe au début et nécessite une phase d’apprentissage qui, une fois, passée vous permettra de réellement progresser et profiter de ses bienfaits.
  • Deuxièmement, le girevoy demande d’investir dans du matériel qui ne servira qu’à ça et n’est pas disponible en vente partout. Par rapport à quelques années en arrière il est néanmoins beaucoup plus facile de se procurer des kettlebells. C’est un inconvénient mineur, mais ayez-le en tête quand vous débuterez.

Bilan

Le girevoy est un sport rude, à apprivoiser, mais qui devient avec l’entrainement d’une beauté mécanique. Ses abords de sport de force cachent en réalité une discipline basée sur la fluidité, la recherche du mouvement parfait et de l’éradication de tout ce qui parasite le mouvement et entraine de la fatigue. Le girevoy ne cherche pas à lutter contre la gravité, mais à l’accompagner pour générer un mouvement précis et net.

N’hésitez pas à contacter le réseau d’entraineurs existant pour découvrir ce contraste doux-amer de difficulté physique et de beau mouvement.

(un article suivra bientôt pour vous donner quelques conseils pour bien débuter)

Quelques liens

La fédération National de Kettlebell Sport, qui dispense des formations et encadre cette discipline en France.

En chaine Youtube, je vous propose Kettlebell Kings, Dogman Kettlebell Events (l’un des principaux artisan du girevoy en France), Russian Kettlebell (chaine des compétitions russes),

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