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L'art en intraveineuse

Aurélie Wellenstein – Les loups chantants

Cela faisait déjà plusieurs années que j’avais envie de lire Aurélie Wellenstein, je rattrape donc enfin mon retard aujourd’hui avec « Les Loups Chantants« , son deuxième roman.

Au coeur d’une Sibérie fabuleuse, le camp de Yuri est à l’abri du dieu de l’hiver, Korochun, et de ses créatures maléfiques. Sa soeur, Kira, fait partie des Gardiens, qui créent et entretiennent le Blizzard, barrière magique les protégeant des dangers comme celui des « Loups Chantants », étranges créatures de l’Hiver qui envahisse les esprits pour les attirer à eux, comme ils l’on fait avec Asya, l’amour de Yuri. Son deuil l’accable malgré tous ses efforts, il n’accepte pas la mort de sa bien-aimée dont le corps n’a pas été retrouvé.

Malheureusement, Kira devient atteinte d’un étrange mal qui recouvre peu à peu sa peau de cristaux de glace. Le chaman du camp la déclare maudite et future servante de Korochun, puis décide de la bannir afin de protéger les habitants d’elle. Yuri décide de l’accompagner pour affronter le Blizzard et l’Hiver avec elle, ne pas l’abandonner à son sort. Ils sont rapidement rejoints par Anastasia, leur amie d’enfance qui leur confie que la maladie de Kira est curable, à la condition de rejoindre Oksana, la grande ville, située à des centaines de kilomètres.

Ils devront affronter les dangers de l’Hiver et ses serviteurs pour espérer sauver Kira, tractés et épaulés par leurs fidèles chiens de traineaux qui les amèneront de Charybde en Scylla, poursuivis par des Loups Chantants menés par une grande louve qui ensorcèle Yuri de sa voix bien trop familière et qui exacerbe ses blessures personnelles.

Une fois le livre digéré, il me parait être une quasi-réussite, même s’il ne sera pas dans mes préférés. Il fait partie de cette petite catégorie de récits qui se lisent tout seuls, sont prenants et permettent de s’immerger dans un univers particulier et bien pensé, mais qui ne laissent pas d’empreintes à long terme, en tout cas pour mon cas. On passe un excellent moment en les lisant, entendez-bien.

On est vite plongé dans une Sibérie qui hésite entre fantasy, réalisme et par certaines facettes tire vers le conte traditionnel, le tout magnifié par de belles et efficaces descriptions qui nous permettent de vivre ce milieu dangereux et glacial.

A mes yeux, le gros point fort de ce livre est la relation entre les protagonistes et les chiens de traineaux, ces derniers prenant un rôle effectif et déterminant dans cette lutte contre la fatalité que poursuivent leurs maitres. J’ai senti l’attachement de l’auteure aux animaux et sa connaissance de leurs comportements. J’ai rarement lu une œuvre avec un tel ressenti sur ce sujet, par certains côtés j’ai retrouvé le plaisir que j’avais eu avec « Un feu sur l’abime » de Vernor Vinge et son traitement de consciences collectives, résultante des esprits individuels qui la composent au sein d’une meute.

Outre cet aspect, le livre contient un certain nombre de sujets, abordés plus ou moins directement, qui attise l’intérêt: l’acceptation des différences et des problèmes qu’endure certaines personnes, la limite entre notre développement en tant que personne et ce que la communauté attend de nous, le sacrifice personnel pour ce que l’on aime. De manière générale, j’apprécie les personnages tourmentés et les situations qui amènent à des réflexions sur ce qui nous définit en tant qu’individu et notre place au sein de la société, car cela apporte des questionnements intéressants et étoffe un récit pour en faire plus qu’une suite d’évènements et Aurélie Wellenstein est parvenue à faire de son roman une oeuvre de ce type.

L’intrigue en elle-même ne m’aura pas emporté ni surpris plus que ça, mais le récit est néanmoins prenant et n’a de cesse de nous amener à son dénouement.

En conclusion un roman que je vous recommande sans hésiter et j’ajoute les autres oeuvres de l’auteure à ma liste d’achat.

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